• Les Fondateurs

Stage à l’Arsenic du 15 au 19 décembre avec Les Fondateurs – encore quelques places !

Message des Fondateurs :

Stage à l’Arsenic du 15 au 19 décembre 

En avril nous allons faire une résidence de trois semaines à l’Arsenic pour une refonte de notre spectacle « Les fondateurs font du théâtre ». Notre venue à Lausanne nous a donné envie de proposer un stage sur l’improvisation guidée par la construction scénographique. L’expérience de deux semaines de stages au Théâtre de l’Usine la saison dernière nous a confirmé que le partage de notre pratique était enrichissant pour les autres comme pour nous. Quelques anciens élèves de la manufacture y ont d’ailleurs participé et nous ont donné des bons retours. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs rejoint notre équipe pour diverses représentations.

Dans notre travail, l’acteur est d’abord là pour agir et non pour représenter. C’est pour cette raison que nous utilisons la construction comme base dramaturgique. Le fait de passer par l’action physique oblige l’acteur à être au présent et à sans cesse s’adapter au matériaux manipulés. La conscience permanente de sa position et de celle des autres sur le plateau est également un élément important. Il doit pouvoir réagir face à ce qui se passe et être prêt a changer sans arrêt de point de vue. C’est un jeu entre équillibre et déséquilibre où la notion de juste et de faux est remise en question à chaque seconde et où le changement, l’accident, doit être acueilli et utilisé. Nous pensons que cette expérience dépasse le cadre de l’improvisation. Plusieurs stagiaires nous ont dit que leur vision du jeu, même avec un texte, avait changé après ce travail. Le fait de le transmettre et de le confronter à de nouvelles personnes nous passionne.

Nous proposons un stage de 5 jours, du 15 au 19 décembre 2014 dans Le Studio de l’Arsenic.
Le prix du stage est de 320.- pour les 5 jours.

Les fondateurs

Présentation de la compagnie

Les fondateurs sont nés il y a cinq ans au théâtre de l’Usine. La recherche que nous menons depuis le début consiste à créer des spectacles en improvisation dont la structure dramaturgique est la fabrication de la scénographie. Le jeu et l’action sont donc intimement liés. Pour la première version, nous avons érigé des tipis avec des troncs d’arbres et des cordes; La deuxième fût une variante de celle-ci; Pour la troisième, c’est un matériau de récupération extrêmement simple et léger, le papier journal, avec lequel nous avons construit un immense panneau translucide; Pour le quatrième volet nous avons décidé de changer de système de construction scénographique en utilisant des éléments préexistants, caractéristiques des décors de théâtre classique. Nous avons abordé, avec ceux-ci, la narration et la fiction, éléments totalement nouveau dans notre travail. Notre toute dernière création « Les fondateurs font des enfants », est une version tout public dés six ans, dans laquelle nous construisons une sculpture en ballons.

En août 2013, nous avons participé au FAR° festival des arts vivants, à Nyon. Pour la première fois, nous avons choisi de jouer en dehors d’une salle de théâtre, à l’extérieur, dans un alpage Jurassien. Cette première création in-situ, intitulée Les fondateurs dans le Jura, nous a ouvert un nouveau champ de possibles. Si les pièces en salle restent notre base d’expérimentation, les interventions dans des lieux différents nous amènent à explorer des versions plus performatives qui nous forcent à changer notre rapport à l’espace et aux dialogues. Cela nous permet de créer des versions plus longues où les gens sont libres d’aller et venir. C’est avec une performance de ce type que nous participerons au festival Extra ball au Centre Culturel Suisse à Paris en avril.

 

La construction en live

Depuis le début, nous avons considéré le fait de construire quelque-chose sur scène comme la structure même de nos spectacles. Tout part de cette construction, les discussions, les dissensions… Cet ancrage dans le réel nous est indispensable. Les fondateurs sont d’abord ce qu’ils font. C’est la matière qui les guide et non l’inverse. Ils sont en même temps les ouvriers et les architectes.

Nous avons exploré la manipulation du bois, puis du papier, toujours avec la volonté de transformer l’espace. A chaque spectacle nous poussons l’expérience un peu plus loin dans le risque et l’inconnu, à l’écoute des matériaux que nous choisissons d’employer.

 

Les fondateurs en liberté

Comment travailler l’improvisation pour que cela devienne un langage? Notre langage. C’est la question que nous nous sommes tout de suite posés en abordant les fondateurs et qui reste au coeur de nos préoccupations depuis cinq ans. La liberté est relative. On peut dire à un acteur: « Fais ce que tu veux », cela ne suffira pas pour qu’il se sente assez à l’aise pour le faire. Pour cela il est important de mettre en place un cadre, des règles. Mais il faut également nourrir l’improvisation.

La musique est une grande source d’inspiration. Lors du premier volet, nous avions invité le pianiste et clarinettiste Philippe Ehinger pour nous parler du free-jazz. Cela à été un déclic pour nous de découvrir que la musicalité de nos actions et de nos paroles comptaient autant que leur contenu. Nous avons commencé à improviser parfois de manière plus abstraite. Nous nous mettions a faire plus attention aux rythmes d’ensemble qu’à notre présence individuelle. Cette notion de musicalité du plateau est toujours une priorité dans notre recherche.

Une autre notion très importante est celle de l’acteur auteur. Ce n’est pas qu’il n’y ait pas de partition, il y en a une mais elle se crée dans l’instant. L’acteur est créateur: chaque action qu’il fait sur scène est « écrite». Il ne peut pas revenir en arrière. Il doit donc l’accepter, que l’action ait été judicieuse ou non, et composer la suite en la prenant en compte.

L’humour, enfin, prend une place prépondérante sur notre plateau. L’idiotie, la maladresse, les tentatives avortées, sont des composantes de notre jeu. C’est une manière d’entrer en contact direct avec le public, autant que de célébrer l’humanité dans ce qu’elle a de faible, donc de touchant.

 

Une Utopie

Grâce, notamment, à la lecture du livre « Multitude » de Michael Hardt et Antonio Negri, qui nous a beaucoup marqués, nous avons pu préciser nos intentions politiques concernant le projet « Fondateurs ». En effet, nous avons découvert beaucoup de points communs entre les théories néo-marxistes développées par ces auteurs et notre travail. Par exemple, le fonctionnement en réseau, sans entité dirigeante, l’effacement de l’opposition entre la liberté individuelle et le bon fonctionnement du groupe, et plus directement marxiste, le pouvoir donné à ceux qui produisent, ceux qui actent: les comédiens. Leur pouvoir est total, puisqu’ils décident pour eux-mêmes et pour le groupe ce qui est bon de faire dans l’instant. On pourrait additionner les points communs entre « Multitude » et notre utopie. Mais le plus important est que nous avons trouvé une source d’inspiration qui nous donne de l’énergie pour continuer à croire en un monde meilleur, aussi éphémère soit-il. Et c’est cette possibilité, cette alternative que nous désirons communiquer au public. Pour cela il nous faut continuer à chercher et préciser à chaque fois notre propos. Notre but n’est pas de discourir sur ces notions démocratiques, mais bien de les incarner et de les faire vivre comme une expérience commune.